Le mystère des Alpes
Publié dans Non classé par franz42 | Aucun commentaire »Cette semaine (émission du mercredi 27 février 2008) comme la semaine dernière, Planète Terre vous convie à une réflexion sur les Alpes.

Le cimetière de Villar d'Arène (Hautes Alpes) dans l'Oisans.
Quel est l’état de la recherche sur ce massif alpin qui est en France l’archétype, pour ne pas dire le modèle, de la montagne ?
Les Alpes se donnent comme une unité de sens géographique élémentaire et essentielle. On parle des Alpes comme d’un fait de nature là de toute éternité, inamovible, sinon fixe. Mercredi dernier, Bernard Debarbieux a raconté comment l’étude des Alpes centrée sur ses caractéristiques physiques correspondait à une représentation importante mais relative. Cet épisode 2 des mystères des Alpes, est précisément placé sous le signe de la géographie physique.
Pierre Pech décrit les principales problématiques de recherches en géographie alpine.
Il revient en particulier sur l'appellation "montagne jeune" ou "massif ancien" en mes replaçant dans une perspective géomorphologique, et sur le modèle alpin archétypal.
Invité : Pierre Pech. professeur de géographie à l’Université Paris I

La Meije et son glacier sur l'ubac
Bibliographie :
Pierre Pech
Géographie physique PUF – 1996. Cet ouvrage a infléchi la notion de géographie physique et la façon de la pratiquer.
Pierre Pech
Géomorphologie dynamique Armand Colin – 1998
Pierre Pech
Géomorphologie structurale Armand Colin - 1999

Les glaciers de la Tarentaise depuis Courchevel (Savoie)
Pour compléter cette émission et connaître les recherches de Pierre Pech :
Variations temporelles et spatiales de la biodiversité en environnement de haute montagne : le cas de la marge proglaciaire des Evettes, site Natura 2000 (Savoie, Alpes françaises)
L’objectif de cet article est de contribuer à la compréhension des changements en cours dans un environnement alpin, au front d’une marge proglaciaire, en relation avec un retrait glaciaire. Le secteur étudié correspond à la plaine proglaciaire du glacier des Evettes, situé en Savoie dans les Alpes françaises, vers 2500m d’altitude. Ce site appartient au réseau Natura 2000. Les conditions écologiques locales ont permis l’élaboration d’une vaste plaine proglaciaire en raison du retrait du glacier depuis la fin du Petit Âge Glaciaire (stades de retrait jalonnés depuis 1860). Les données collectées reposent sur l’échantillonnage floristique sur 110 placettes dont les résultats ont été analysés statistiquement avec plusieurs paramètres : la distance par rapport au front glaciaire actuel (et donc l’âge depuis la déglaciation), le contexte morphopédologique, la diversité spécifique déterminée à partir de l’indice Shannon-Weaver, la classification du type de stratégie dite de Grime et la valeur de la rareté de l’espèce lorsque celle-ci est signalée dans les listes du réseau européen de Natura 2000. Des analyses univariées et multivariées ont été appliquées afin de déterminer l’impact du retrait glaciaire sur la variation de la biodiversité. Si l’on aboutit très classiquement à la démonstration qu’il y a augmentation globale de la biodiversité en allant du front glaciaire actuel vers la marge la plus externe, notre étude prouve que la biodiversité la plus élevée concerne un point intermédiaire. Cette position correspond en réalité au secteur où les conditions locales périglaciaires permettent la cohabitation de plantes à la fois pionnières, rudérales et compétitrices. A terme, cette activité périglaciaire, ici responsable de l’augmentation de la biodiversité, est pourtant en régression sous l’impact du réchauffement.




